22
juillet 2017

Déclic attendu

Editos
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Les aides à la rénovation sont-elles incitatives ? Affirmatif, selon les ministères de l’Environnement et du Logement. Dans le cadre de l'enquête Phebus sur les "Performances de l'habitat, des équipements, besoins et usages", il ressort que près de la moitié des ménages ayant effectué des travaux déclarent que l’existence d’aides a eu un effet sur leur décision en la matière. Les dispositifs les plus utilisés sont le crédit d’impôt transition énergétique (CITE/CIDD), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à taux réduit et les autres déductions fiscales. Dans le détail, 1,9 million de ménages ont profité du CIDD/CITE entre janvier 2008 et juin 2013 et 1,14 million de la TVA à taux réduit. 4,9 millions de logements ont fait l’objet de travaux énergétiques sans aide financière ou non financés par le ménage occupant, "soit un effectif plus important que le nombre de logements ayant bénéficié d’une aide". L’enquête montre également que les ménages occupants ont investi 94,5 milliards d’euros dans la rénovation énergétique des logements sur la période 2008-2013, dont 31,4 milliards sans bénéficier d’aucune aide financière. Pourtant, l’activité espérée en rénovation énergétique ou en travaux généraux dans les logements anciens ne décolle pas, déplore la Fédération française du bâtiment (FFB). Malgré une augmentation des transactions sur les logements anciens, qui entraîne normalement, quelques mois plus tard, un accroissement des travaux de rénovation. "Mais depuis 2015, cela n'a pas été le cas", observe la FFB, pour qui "le segment de l'amélioration-entretien reste à la peine et la rénovation énergétique ne progresse que faiblement". Les perspectives déclarées par les chefs d’entreprise sur ce marché ne laissent pas entrevoir de progrès. "C’est un véritable sujet d’interrogation", regrette la FFB. Pour atteindre les objectifs du plan de rénovation énergétique de l’habitat (PREH), qui vise la rénovation énergétique de 500 000 logements par an à partir de 2017, "il faut changer de braquet", assure la fédération, qui n'est pas convaincue à la lecture des programmes électoraux que le(la) nouveau(elle) locataire de l'Elysée provoque le déclic attendu.