27
mai 2017

La MGP doit-elle subsister ?

Editos
TAILLE DU TEXTE

Quel que soit le résultat du scrutin électoral, la Métropole du Grand Paris demeurera sans doute, mais pas en l'état. La majorité des élus franciliens s'accordent à le penser. Parmi eux, Hervé Marseille, sénateur-maire (UDI) de Meudon, selon qui "nous avons tout gardé" - trop gardé. Le mille-feuilles institutionnel est devenu indigeste pour beaucoup, l'équilibre financier est encore loin d'être atteint et le périmètre doit être revu. Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux, s'il défend ardemment la Métropole en tant qu'institution, regrette que les territoires métropolitains, "trop grands et trop centralisés", "éloignent les habitants de la prise de décisions là où l’intérêt premier des intercommunalités résidait dans une amélioration du service rendu". L'élu qualifie, par ailleurs, le périmètre d'"hérésie" puisqu'il n'intègre ni l'aéroport de Roissy, ni le pôle scientifique de Saclay, ni bien d'autres endroits qui contribuent "au rayonnement de la capitale".

Tandis que le Grand Paris Express, lui, est bien sur les rails, et que les grands chantiers émergent un peu partout en Ile-de-France du fait des grands aménageurs et opérateurs de l'Etat (GPA, Epfif...), qui, à coup d'OIN et de CIN, a repris la main sur la construction métropolitaine, on est en droit de se poser la question qui fâche : fallait-il institutionnaliser le Grand Paris ? Pour Philippe Bouyssou, maire (PCF) d'Ivry-sur-Seine, la réponse est non.

Quels sont les intérêts de "faire métropole" en Ile-de-France si ce n'est de gommer les déséquilibres Est/Ouest, créer du logement abordable, améliorer les conditions de vie des Franciliens et préserver le lien social et politique ? La MGP pourra-t-elle y répondre ? Permettra-t-elle aussi de repenser le modèle urbain et de prendre position dans le cadre de projets impactants pour le territoire, comme Europacity ? Difficile de le savoir, car pour l'heure, le Grand Paris apparaît davantage comme une marque à vendre à l'international, pour gagner, in fine, la candidature olympique en 2024, l'Exposition universelle en 2025. Et attirer les sièges sociaux du monde entier pour remplir les millions de m2 de bureaux en cours de production.